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EVA SOTERAS. Des théories du complot aux conspirationnismes.



Fascinantes pour le grand public mais inquiétantes pour les pouvoirs politiques, véritables dogmes pour certains ou simples objets ludiques pour d’autres, les théories du complot sont au cœur de l’imaginaire collectif contemporain. Faisant écho à une quête de sens collective et à une montée en puissance de la méfiance envers les autorités et les versions officielles, la théorie de la conspiration mondiale s’impose comme un mythe politico-religieux remplissant plusieurs fonctions : explicative et simplificatrice de l’Histoire ; de légitimité idéologique ou encore de réponse à un incessant besoin de croire.

Nous proposons ici d’appréhender les théories conspirationnistes dans leur mode de formation et de diffusion. Si dans un premier temps il sera question de dégager les grands traits caractéristiques du phénomène conspirationniste, il sera aussi question de rendre compte des nombreuses variantes de celui-ci à travers différents leaders conspirationnistes – promoteurs des théories du complot – préalablement identifiés et dont l’analyse de leurs thèses, diffusées sur internet ou publiées sous la forme de pamphlets, saura mettre en lumière les différentes raisons d’adhésion.

Face à une demande collective de compréhension du mode de fonctionnement de théories du complot et surtout face aux attentes du grand public pour savoir comment démêler le vrai du faux, cet ouvrage se proposera de répondre à ces questions dans une visée avant tout pédagogique.


Le complotisme peut compter sur des forces sociales pour le déployer dans l’espace public. En France, des gens très visibles comme Dieudonné, Alain Soral ou Thierry Meyssan, ont rodé depuis des années une rhétorique complotiste qui se fait entendre, et ils sont accompagnés par une myriade de sites, de groupes Facebook ou WhatsApp, de « trolls » politiques, de fabricants de fake news, qui popularisent ces idées. Rien d’étonnant alors à ce que lors du mouvement des Gilets jaunes, à la fin de l’année 2018, on ait pu voir un Dieudonné accueilli en ami sur les ronds-points, ou voir une « quenelle » synchronisée effectuée en plein Paris par des gens qui en étaient familiers. Voir aussi fleurir des théories complotistes expliquant que l’attentat de Strasbourg (5 morts le 11 décembre 2018) et une explosion dans une boulangerie parisienne (4 morts le 12 janvier 2019) étaient de grossières manœuvres du gouvernement pour détourner l’attention du mouvement social en cours. C’est bien une partie de ce savoir stigmatisé, de cette « contre-culture » politique (c’est d’ailleurs le nom qu’a donné Soral à sa maison d’édition, mais avec des K germaniques, « Kontre Kulture »), qui s’expose brutalement dans l’espace urbain et sur les réseaux sociaux. Les producteurs et les suiveurs du complotisme se sont forgés une culture obsidionale, voire sectaire, où tout ce qui arrive est dirigé contre eux, et où il n’y a pas d’autre agenda politique que celui qui sert l’exécution du grand complot.
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