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Alfred Dreyfus

Cinq années de ma vie

Alfred Dreyfus

CINQ ANNEES DE MA VIE

Préface d'Emmeline Fagot

Pages 240

Format 12 x 18 

12 euros

Nouvelle édition des mémoires du Capitaine Dreyfus agrémentée d’une préface d’Emmeline Fagot, membre de l’UJFP, dans laquelle elle compare le racisme d’État tel qu’il s’incarne au moment de l’Affaire Dreyfus et dans les formes qu’il revêt actuellement.

Dans son journal, Dreyfus ne cesse de se référer à la France comme son pays, sa patrie, alors même que ses plus hautes instances lui ont réservé un sort totalement injuste. 

« Soldats, on dégrade un innocent ; soldats, on déshonore un innocent. »  « Vive la France, vive l’armée ! »

Un adjudant de la garde républicaine s’approcha de moi. Rapidement, il arracha boutons, bandes de pantalon, insignes de grade du képi et des manches, puis il brisa mon sabre. Je vis tomber à mes pieds tous ces lambeaux d’honneur. Alors, dans cette secousse effroyable de tout mon être, mais le corps droit, la tête haute, je clamai toujours et encore mon cri à ces soldats, à ce peuple assemblé : « Je suis innocent ! » La cérémonie continua. Je dus faire le tour du carré. J’entendis les hurlements d’une foule abusée, je sentis le frisson qui devait la faire vibrer, puisqu’on lui présentait un homme condamné pour trahison, et j’essayai de faire passer dans cette foule un autre frisson, celui de mon innocence. Le tour du carré s’acheva ; le supplice était terminé, je le croyais du moins. L’agonie de cette longue journée ne faisait que commencer. On me lia les poings et une voiture cellulaire me conduisit au Dépôt, en passant par le pont de l’Alma. En arrivant à l’extrémité du pont, je vis par la lucarne de la voiture les fenêtres de l’appartement où venaient de s’écouler de si douces années, où je laissais tout mon bonheur. L’angoisse fut atroce.

Alfred Dreyfus (Mulhouse 1859 - Paris 1935) : à cause d’une erreur judiciaire, il est arrêté et condamné au bagne à perpétuité pour espionnage. En 1898 Émile Zola publie dans L’Aurore une lettre adressée au Président Faure : « J’accuse ! ». L’Affaire Dreyfus éclate.

Emmeline Fagot est enseignante en Île-de-France et membre de l’Union juive française pour la paix depuis 2008. Le 11 janvier 2015, encore sous le choc de la tuerie de l’Hypercacher elle écrit un court texte de colère sur le modèle du « J’accuse » d’Émile Zola et renvoie ceux qu’elle juge être des pompiers pyromanes à leurs responsabilités.